Autisme, travail, emploi

Notre intérêt pour l’autisme, en tant que fondateurs, partenaires et amis de Talent d’As, est large et couvre de nombreux sujets. Nous sommes tous ici concernés par l’autisme ou le syndrome d’Asperger. De tous ces sujets un seul focalise notre attention dans le cadre de Talent d’As : le travail en milieu ordinaire.

UNE VISION PRAGMATIQUE DE L’AUTISME

Les définitions médicales des troubles du spectre autistique (TSA) reprennent toutes la même base, parfois appelée la « triade autistique » : des troubles du développement caractérisés par (1) une interaction sociale et (2) une communication anormales, avec (3) des comportements restreints et répétitifs.

Ces définitions médicales cliniques sont incontournables dans le domaine de la santé, elles sont nécessaires au diagnostic et à la détermination de toutes actions médicales appropriées. Mais elles sont peu utilisables du point de vue du travail, peu compréhensibles par des recruteurs, des dirigeants d’entreprises ou encore des conseils en ressources humaines.

Vers un modèle alternatif pour le travail

A travers nos années de travaux préparatoires nous avons progressivement élaboré un modèle alternatif de l’autisme, non médical. Il repose sur trois autres familles de caractères et a l’avantage de répondre au besoin recherché de signification pour le travail :

  1. Des affections sensorielles et des hypersensibilités appréciées ou pénibles ;
  2. Des affections cognitives notamment communication, logique et information sociale ;
  3. Des affections comportementales incluant recherche de confort et fuite d’inconfort, parfois irrépressible.

Cette approche alternative permet de mieux faire ressortir l’expression des compétences tant cognitives et intellectuelles que sensorielles, et à l’inverse de caractériser les intolérances, les besoins d’adaptation de poste. Elle aide aussi à faire ressortir les situations potentiellement difficile à gérer dans l’organisation professionnelle, voire dangereuses pour la personne à travers de possibles réactions incontrôlées.

AUTISME ET TRAVAIL EN MILIEU ORDINAIRE

Dans le vocabulaire du travail pour les personnes handicapées, le milieu ordinaire correspond à toute structure de travail qui n’est pas spécifiquement adaptée au handicap, à l’inverse donc des « entreprises adaptées » (EA) ou encore « établissements et services d’aide par le travail » (ESAT).

Pour une personne autiste le milieu ordinaire est souvent perçu comme inaccessible, discriminant voire hostile. Nous en faisons une analyse différente qui fonde la suite de notre travail d’aide et de recherche de solutions.

Ignorance plus que discrimination

Il est difficile de soutenir une discrimination systématique des entreprises vis-à-vis des personnes autistes, tant sont rares et disparates les contacts et relations entre les uns et les autres. Discriminer c’est rencontrer et choisir d’écarter ; encore faut-il rencontrer.

Une personne autiste parvient très rarement au stade de présenter une candidature à une entreprise. Quand elle y parvient c’est souvent pour échouer au premier contact en face-à-face, en le sabotant elle-même. Par ailleurs les personnes autistes qui travaillent sont aussi bien plus nombreuses à quitter volontairement leur emploi, qui leur devient insupportable, qu’à être licenciées. Les relations sont donc rares et majoritairement peu fructueuses.
N’est-il pas tout aussi justifié d’estimer que les autistes méconnaissent l’entreprise tout autant que l’entreprise méconnaît l’autisme ?

Un milieu favorable… s’il est bien choisi

Une entreprise est un espace public en réduction, avec infiniment moins d’obstacles pour une personne autiste que la rue, les commerces, les transports :

  • Peu ou pas de rencontres inconnues à l’intérieur de l’entreprise,
  • Lieux parfaitement identifiés et immuables, il est possible de les explorer exhaustivement,
  • Bruits, voix, éclairages, couleurs, odeurs, matières et leur toucher, ne changent pas,
  • Endroits confortables ou inconfortables constants, l’accès aux « refuges » est assuré,
  • La majorité des règles sont explicites. Quand elles ne le sont pas, il est facile de demander,
  • L’organisation stable permet d’avoir toujours un « référent » à qui demander conseil ou aide.

Comparé à l’espace public parsemé d’inconnues permanentes, de changements inexplicables, de sources infinies d’inquiétude et de risque de saturations et situations « de crise », l’entreprise si elle est bien choisie peut être un havre de paix pour un autiste.

Tout est question de savoir et pouvoir faire ce choix.

Une immense variété de métiers, secteurs, fonctions, environnements…

Le terme « entreprise » recouvre une grande diversité d’environnements, l’opposé d’un univers uniforme. En outre le travail ne se limite pas à l’entreprise ni même à l’emploi. De nombreuses personnes autistes travaillent à leur compte, exercent parfois leurs compétences dans l’isolement qui leur convient. Cela ne nuit en rien à leur réussite, bien au contraire.

Les classifications professionnelles décrivent des dizaines de secteurs d’activité, des centaines de métiers, des milliers de fonctions distinctes. Le monde professionnel est d’une exceptionnelle richesse. Il faut s’y plonger, le découvrir comme dans une encyclopédie et le comprendre sous tous ses aspects pour y trouver sa place.

DES SOLUTIONS CONCRETES

Ces quelques constatations indiquent clairement les voies de solutions sur lesquelles nous avons travaillé depuis la création du collectif Talent d’As et qui aboutissent aux méthodes et formations que nous proposons maintenant.

 

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